12 choses à savoir en se lançant en tant qu’entrepreneur

J’adore mon style de vie d’entrepreneur et ne reviendrais en arrière pour rien au monde. C’est un apprentissage permanent fait de prises de décisions (parfois bonnes, parfois mauvaises), de rencontres avec des personnes passionnantes, un challenge quotidien et l’impression que rien n’est impossible. Mais il faut l’avouer, ce n’est pas de tout repos et il m’arrive de repenser au confort d’être employé et de voir mon salaire arriver quoiqu’il arrive sur mon compte en banque à la fin du mois avec une pointe de nostalgie.

On nous présente souvent l’entrepreneuriat comme un mode de vie de rêve, mais c’est en réalité loin d’une sinécure ! Tout le monde n’est pas fait pour ce mode de vie qui impose une assiduité et une attention continue et qui rend le revenu de l’entrepreneur directement dépendant de ses capacités à prendre les bonnes décisions.

Près de trois ans après la création de mon agence de communication, Kudos, j’ai souhaité tirer le bilan de ce début d’aventure, de ce que celle-ci m’a appris et des challenges que je dois relever au quotidien pour avancer et apprendre. En gros, ce que j’aurais voulu savoir en me lançant !

1. Gérer et évaluer un flot continu d’idées est un challenge

Lorsqu’on réalise que tout est possible, les idées affluent parfois à une vitesse suffisamment rapide  pour les rendre ingérables. Lors des journées “productives” en idées, il m’arrive d’en noter une dizaine, concernant tant des nouveaux services, produits ou même des nouveaux business.
Bien-sûr, une idée ne vaut absolument rien tant qu’elle n’est pas mise en application ! Combien de fois je m’en suis voulu d’avoir vu d’autres réaliser des idées que j’avais consignées dans mon Evernote il y a plusieurs mois ou années ! Mais les consigner bien précieusement toutes au même endroit permet de s’inspirer lors des périodes de disette créative.

2. Croire en ce qu’on fait avec passion et se vendre avec confiance est essentiel

Vous n’avez certainement pas créé votre business pour faire quelque chose que vous n’aimez pas ou en quoi vous ne croyez pas. Cela doit se ressentir sur votre travail et vous ne devez pas avoir peur de vous vendre et de vous positionner en expert. Si le client vous demande un devis ou s’intéresse à vos services, c’est qu’il vous a jugé crédible et que vous avez une réelle plus-value à lui apporter, alors croyez en vous et en ce que vous vendez !

3. Le multi-tasking est l’ennemi de la productivité

Le multi-tasking c’est l’ennemi de la productivité, et on s’en rend rapidement compte lorsqu’on commence 15 choses à la fois. Si vous tentez de vous plonger dans un travail qui demande concentration mais que vous êtes constamment interrompu par des notifications Facebook, des e-mails qui arrivent, des envies de “vite checker quelque chose pour le client XX” ou un collègue qui veut savoir où vous avez mis l’agrafeuse, c’est qu’il est peut-être temps de revoir votre organisation…

En tant qu’adepte du mode de travail “nomade”, depuis mon domicile, des cafés ou n’importe où dans le monde, j’arrive à éviter une partie de ces soucis en m’isolant lorsqu’une tâche requiert toute mon attention. Il m’arrive également d’utiliser SelfControl pour lutter contre mes pulsions intempestives de consulter mes Facebook, Twitter et autres Instagram (ce qui est un peu paradoxal quand on sait que 3/4 de mes activités sont en rapport avec les réseaux sociaux, mais il y a un moment pour tout!).

4. Vouloir faire trop parfait = ne jamais se mettre réellement au travail

Le côté perfectionniste de ma personnalité aura certainement été l’une des plus grosses difficultés de mon début de carrière d’entrepreneur. À vouloir tout rendre parfait au pixel près, j’ai énormément perdu en productivité et certains projets ont vu le jour avec du retard, voire jamais.
Pour tenter de m’améliorer, j’ai accroché près de mon bureau un schéma du principe de Pareto (aussi connu sous le nom de règle des 80/20 ou l’analyse ABC) qui stipule que 80% du travail est réalisé par 20% des efforts. Cela m’aide à garder en mémoire qu’un bon travail achevé vaut toujours mieux qu’un travail que l’on souhaiterait parfait mais jamais terminé. Cet article explique très bien ce phénomène et m’a aidé à en sortir, n’hésitez pas à le lire si vous connaissez aussi ce souci !

5. Réaliser des mandats c’est bien, ne pas communiquer à leur sujet c’est dommage

Vous passez des heures, des jours voire des semaines à planifier, concevoir, réaliser et livrer un mandat pour un client, celui-ci est très content de votre travail, c’est bien ! Mais si vous ne le communiquez pas autour de vous, personne ne le saura et tous les efforts investis n’auront pas servi à promouvoir vos services. Le meilleur marketing, c’est la qualité de votre travail et le meilleur moyen de la faire connaitre, c’est de parler de vos réalisations sur vos canaux (site web, réseaux sociaux…).
L’un de mes auteurs favoris, Austin Kleon, en parle très bien dans son ouvrage Show your work! qui met en lumière les bénéfices de promouvoir et de montrer son travail autour de soi.

6. Dire oui à tout, ce n’est pas si facile… et certainement pas une bonne idée !

On entend souvent qu’en tant qu’entrepreneur, vous devez toujours dire oui à tout projet qui se présente, même si vous n’avez pas les compétences ou les ressources à disposition, et vous arranger pour le réaliser après. Au début, j’ai appliqué cette stratégie et accepté toutes les opportunités qui se présentaient. Or, il s’est avéré que les mandats pour lesquels je n’avais pas un excellent feeling se sont révélés être ceux pour lesquels j’ai eu le plus de soucis ou pour lesquels nous avons dû dépenser plein de temps et d’énergie pour se faire payer. Dorénavant, je tiens compte de mon intuition, qui s’affine évidemment avec le temps et l’expérience, pour décider si une collaboration avec un client potentiel est une bonne idée ou s’il vaut mieux les rediriger vers un partenaire.

7. Chiffrer ses prestations correctement et assumer ses tarifs est une compétence à part entière

L’une des plus grosses difficultés que j’ai eues au début de mon activité — et ce problème n’est pas encore réellement réglé — a été de chiffrer mes prestations et de les “assumer” auprès des clients. Il est difficile de chiffrer des gros projets à l’avance et on a souvent tendance à sous-estimer les difficultés que l’on peut rencontrer sur le chemin. Un client ne verra que le résultat final et ne chiffrera que ce dernier, alors que le chemin pour y arriver peut prendre beaucoup de temps et de ressources qui se retrouveront forcément dans le coût total du projet.

8. Se faire payer ce que l’on nous doit peut parfois prendre du temps… beaucoup de temps…

Même lorsqu’on met toute notre bonne volonté dans un mandat et que l’on travaille plusieurs semaines ou mois pour un client, la garantie d’être payé n’existe pas. Pour l’avoir vécu à plusieurs reprises, devoir courir après une entreprise pour obtenir ce qu’elle nous doit — alors que les salaires et les factures à payer s’accumulent— est parfois très décourageant et chronophage. C’est une injustice avec laquelle il faut apprendre à vivre mais qui n’est pas facile à accepter.
Lorsque le découragement total est proche, j’aime penser aux clients avec qui la relation est excellente, qui honorent leurs obligations, et cela me redonne cette agréable sensation de plaisir et de motivation qui fait que je fais ce que je fais au quotidien.

9. Vouloir tout gérer soi-même n’est pas la solution, apprendre à déléguer et faire confiance est primordial

Au début de mon entreprise, j’avais la fâcheuse tendance de vouloir tout gérer moi-même. La conséquence est facile à deviner : trop de choses à faire et à gérer en perdant énormément de productivité car je n’étais “expert” dans aucun domaine.
Au fur-et-à-mesure, j’ai appris à faire confiance aux autres, à déléguer, et à ne plus me préoccuper de ce que j’avais transmis. Résultat : un esprit plus léger, une confiance démontrée envers les autres membres de l’entreprise, et surtout plus de temps pour réaliser mes propres tâches.

10. Vouloir engager trop vite du personnel est un piège

Lorsque les mandats arrivent et que les clients commencent à se présenter, on est vite tenté d’engager du personnel supplémentaire pour faire face au surplus de travail à prévoir. Cependant, il peut parfois ne s’agir que d’une “phase positive”. Mieux vaut donc s’assurer que l’afflux de nouveaux clients et mandats est constante, sur la durée, et pas juste une tendance provisoire.

11. Gérer l’administratif prend beaucoup plus de temps que ce qu’on pense

La partie administrative d’une entreprise peut vite se révéler fastidieuse. Impôts, assurances, charges, salaires… Beaucoup de ces activités requièrent des connaissances spécifiques, au risque d’y passer presque tout son temps. Engager un partenaire comme une fiduciaire ou un comptable indépendant permet de déléguer ce travail pour se concentrer sur l’activité principale de l’entreprise. Le temps gagné justifiera l’investissement !

12. Savoir débrancher régulièrement est essentiel

Ce point peut paraitre logique, mais je connais beaucoup d’entrepreneurs qui le négligent : savoir débrancher et profiter d’un peu de temps libre est absolument essentiel pour se ressourcer. Pas forcément besoin de partir à l’autre bout du monde : j’essaie de m’aménager des moments à moi, en journée, le soir ou le weekend, avec les gens que j’aime et en faisant ce qui me passionne ou me détend. C’est mon meilleur remède au stress et à la routine du quotidien.

Et vous, quels challenges avez-vous rencontrés (ou rencontrez-vous) en tant qu’entrepreneur ? Vos retours m’intéressent !

Crédit photo: Joshua Earle, Oliver Klein

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Vous vous lancez en tant qu'entrepreneur ? Gagnez un peu de temps avec ces conseils basés sur mon expérience après 3 ans d'entrepreneuriat.
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